"l'Humanité" du 8 décembre 2010

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SPORTS -  le 8 Décembre 2010

Boxe

Sarah Ourahmoune

« Je ne rêve pas du salaire de Ribéry »

 

La première Nuit du sport féminin montrera, demain, les visages des championnes françaises qui gagnent à être connues, dont celui de la boxeuse Sarah Ourahmoune.

Avec le mois de décembre s’ouvre la saison des remises de prix. Ballon d’or, trophée IAAF, IRB awards, all star game, les lauriers valsent plus sûrement sur la tête des champions que des championnes. C’est pour mettre en lumière ces dernières que la Ligue contre le racisme et l’antisémitisme, avec Sportiva-infos.com, organisent, demain soir, à Paris, la première Nuit du sport féminin, au Musée national du sport. Au côté de nombreuses championnes du monde (la lutteuse Audrey Prieto, la sabreuse Léonore Perrus, la skieuse de vitesse Karine Dubouchet…), Sarah Ourahmoune, médaillée d’or aux Mondiaux de boxe 2008, viendra montrer cet autre visage de la France qui gagne et qui pourrait susciter de nouvelles vocations, la pratique sportive chez les adolescentes étant en chute libre, selon un récent rapport.

Qu’attendez-vous de cette Nuit du sport féminin ?

Sarah Ourahmoune. Un peu de reconnaissance. La médiatisation attire les sponsors, qui permettent à leur tour de financer un stage d’entraînement en plus, l’aide d’un préparateur physique, des déplacements à l’étranger, la tenue de nouveaux combats en France aussi. Soit à peu près quarante mille euros par an. Mais nous, les boxeuses, nous n’avons pas de sponsors. On s’entraîne comme on peut. Les soins, on ne les fait pas forcément, ou l’on attend un stage avec l’équipe de France pour consulter le kiné.

 Les médias, c’est la baguette magique ?

Sarah Ourahmoune. Il y a aussi les politiques et les élus des fédérations qui devraient débloquer des budgets supplémentaires pour la pratique féminine. Il y a encore les entreprises, avec leurs contrats réservés aux sportifs. Moi, j’ai la chance d’occuper pour deux ans encore un emploi tremplin au Boxing Beats, mon club. Mais les autres filles de l’équipe de France qui travaillent doivent prendre sur leurs congés ou leurs repos pour s’entraîner ou partir en compétition.

 Que vous inspirent les salaires des footballeurs professionnels ?

Sarah Ourahmoune. C’est une autre planète. Mais je ne rêve pas de toucher le salaire de Ribéry. J’aspire à une vie tranquille qui me permettrait de me qualifier pour les jeux Olympiques 2012 à Londres, où la boxe féminine apparaîtra pour la première fois. Je fais de la boxe pour le plaisir. Si cela avait été pour l’argent, il y a longtemps que j’aurais arrêté !

Entretien réalisé par Stéphane Guérard

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