Sport et grossesse… Mon expérience !

Sport et grossesse… Mon expérience !

Christine Aron, Laura Flessel, Muriel Hurtis, Anne-Sophie Mondière sont d’illustres exemples de femmes sportives qui ont su revenir à haut niveau après une grossesse. En parvenant à briller quelques mois à peine après l’accouchement, elles ont démontré que la maternité et le sport de haut niveau peuvent être compatibles.

Pourtant dans l’esprit de la grande majorité d’entre nous, « le sport » (de haut niveau qui plus est)  et « la maternité » sont difficilement conciliables. Que faut-il penser de cette idée reçue ? Que connait-on du sujet ? Que disent les spécialistes ?

Boxeuse de haut niveau, j’ai eu le désir de devenir maman. Je me suis posée énormément de questions. Comme beaucoup de mamans je présume…J’ai décidé alors de mettre une parenthèse à ma carrière sportive pour assouvir ce profond désir. Aujourd’hui ma fille a tout juste 2 ans. J’ai repris mon activité sportive quand ma fille a eu 6 mois après une bonne rééducation périnéale.

Loin d’être une simple période de « mise entre parenthèses » j’ai vécu la maternité comme une seconde naissance. Ce changement profond et intime m’a obligé à être encore plus organisée que je l’étais. C’est toute la structure familiale mais aussi les temps d’entraînement,  la vision du monde qui nous entoure et les relations avec les autres qui changent en quelques mois.

Le plus difficile quand on est athlète est d’accepter les modifications anatomiques et physiologiques induites par la grossesse. Laisser un corps athlétique et performant faire place à un corps de maman. Mais quand le désir de grossesse est aussi fort qu’il l’a été pour moi, ce changement est vécu comme une joie. On l’attend, on le chérit. Pour tout vous dire, parfois la grossesse me manque. J’aimais sentir ma fille et la savoir en sécurité, au chaud dans mon ventre. Aujourd’hui, quand elle n’est pas à mes côtés, j’y pense…ça me manque !

J’ai eu une activité physique tout au long de ma grossesse. J’en avait besoin pour me sentir bien, évacuer le stress et la fatigue. J’ai fait du sport pour le plaisir tout en veillant à avoir une alimentation équilibrée. Je n’imaginais pas à ce moment là que je reviendrais à haut niveau. L’idée m’avait traversé l’esprit mais je profitais du moment présent. J’étais bien, heureuse et épanouie. Je vivais pleinement ma grossesse sans me poser de questions. Néanmoins, le sport a gardé une place importante.

Jusqu’à quatre mois et demi de grossesse, je continuais à m’entraîner sans gêne. Je courais (des footings uniquement), je nageais et faisais un peu de boxe (seulement du shadow, pas de sac et encore moins d’oppositions).

A partir de cinq mois de grossesse et ce jusqu’à la fin de ma grossesse, j’ai modifié mes entraînements. Je me contentais de faire du vélo, de la marche rapide et de la natation.  J’étais suivie de près par ma gynécologue. Tout se passait pour le mieux. Mon bébé grandissait normalement et ma grossesse était merveilleuse…

J’ai pris neuf kilos. Poids que j’ai immédiatement perdu après l’accouchement. Par ailleurs, il est tout à fait possible de concilier sport et allaitement maternel, en portant notamment un soutien-gorge adapté sujet déjà évoqué ici ). J’ai allaité ma fille et ça n’a en rien empêché ma reprise de l’entraînement. Là encore, tout est organisation. Il fallait que je m’adapte au rythme de mon bébé. Je programmais mes séances après les tétées.

J’avais la crainte de ne pas pouvoir retrouver l’intégralité de mon potentiel physique à l’issue de la maternité. Je me demandais si j’allais pouvoir suivre techniquement et tactiquement. Mais par dessus tout, je craignais d’être séparée de ma fille lors de mes départs en stage ou en compétition.  Il y avait aussi la problématique de la garde. Le sport de haut niveau induit des absences irrégulières et nombreuses. Heureusement que son papa a toujours été présent pour me soutenir et m’encourager. Quand je suis en déplacement, c’est l’occasion pour eux de se retrouver et de partager des moments entre père et fille.

Tous les trois ensemble, nous avons trouvé notre équilibre. Mon statut de maman m’a permis de gagner en maturité, en maîtrise. Je me sens différente, heureuse et encore plus forte…

Les activités qui m’ont été recommandées :

  • La marche
  • La natation est un sport complet qui fait travailler toutes les grandes chaînes musculaires.
 C’est un sport non porté qui peut être pratiqué au troisième trimestre, il limite les risques ostéo- ligamentaires dus à la laxité articulaire. Des séances de gymnastique aquatique spécifiques aux femmes enceintes présentent les mêmes bénéfices.
  • La gymnastique douce, en évitant les exercices en position allongée à partir du quatrième mois.
  • Le yoga adapté à la grossesse, avec des exercices respiratoires et posturaux adaptés.
  • Le vélo d’appartement à 70% de Vo2 max
  • Des exercices de renforcement musculaire, renforcement du périnée et des exercices de renforcement des membres supérieurs avec de petites haltères
Carnet de sportive.com -  Hébergé par Overblog